Intervenir face au harcèlement sexuel

Le harcèlement sexuel ne persiste pas seulement à cause des harceleurs. Il perdure aussi parce que les témoins hésitent à agir. Et cette hésitation, montre une étude publiée dans le Journal of Applied Psychology par Yijue Liang et YoungAh Park, dépend beaucoup du climat organisationnel, surtout dans les milieux où la culture masculine est bien ancrée.

Les chercheuses ont étudié près d’un millier d’employés américains qui avaient été témoins d’un incident de harcèlement sexuel au travail. Elles ont identifié cinq façons d’intervenir : confronter le harceleur, distraire pour désamorcer, soutenir la victime, signaler l’incident ou en parler à d’autres collègues. En combinant ces comportements, elles ont dégagé trois profils :

  • Les actifs, qui s’impliquent sur tous les plans : confronter, rapporter, soutenir.
  • Les prudents, qui se limitent au soutien Ă©motionnel ou Ă  des gestes discrets.
  • Les absents, qui Ă©vitent toute intervention.

La recherche rappelle aussi que les émotions jouent un rôle : la colère face à l’injustice pousse à agir, tandis que l’empathie oriente vers le soutien discret. Mais c’est la confiance envers l’organisation qui fait la vraie différence. Là où les gens croient qu’ils seront appuyés plutôt que sanctionnés, ils osent parler. En clair : pour prévenir le harcèlement, il ne suffit pas d’imposer des formations obligatoires. Il faut bâtir un climat où agir est perçu comme normal et protégé, même dans les milieux les plus masculins.