Des mesures de personnalité plus précises

On a tous entendu parler des cinq grands facteurs de personnalitĂ©, les Big Five. Ils sont simples Ă  expliquer, faciles Ă  comparer et donnent l’impression de couvrir large. Mais couvrir large n’est pas toujours la meilleure façon de prĂ©dire. Dans une mĂ©ta-analyse publiĂ©e dans le Journal of Applied Psychology, Baker, Scott, Nye, Chernyshenko, Park et Omori montrent que certaines facettes prĂ©cises de la personnalitĂ© prĂ©disent mieux l’efficacitĂ© des leaders que les grands traits auxquels elles appartiennent.

Les chercheurs ont regroupĂ© 203 ensembles de donnĂ©es comprenant 4 815 corrĂ©lations entre des dimensions de personnalitĂ© et l’efficacitĂ© ou l’émergence en leadership. Ils ont examinĂ© 21 facettes rattachĂ©es aux Big Five. Les rĂ©sultats montrent surtout que les facettes d’un mĂȘme trait ne se valent pas. Pour le trait consciencieux, par exemple, la motivation Ă  rĂ©ussir, l’ordre et l’autodiscipline Ă©taient associĂ©s Ă  l’efficacitĂ© du leader autour de ρ = .23, alors que la responsabilitĂ© et le respect des rĂšgles se situaient prĂšs de .11. Autrement dit, faire la moyenne de toutes ces facettes dilue une partie de l’information utile.

Lorsque les chercheurs combinent les facettes en leur donnant un poids selon leur pouvoir prĂ©dictif, la diffĂ©rence devient plus nette. Pour prĂ©dire l’efficacitĂ© du leader, la validitĂ© prĂ©dictive du trait consciencieux passe de 0,26 Ă  un multiple R de 0,36. Pour l’ouverture, elle passe de 0,08 Ă  0,19.

Le problĂšme est qu’une Ă©valuation dĂ©taillĂ©e de nombreuses facettes peut rapidement allonger les tests, ce qui va Ă  l’encontre de la tendance actuelle Ă  rĂ©duire le temps demandĂ© aux candidats. Les auteurs proposent justement de cibler les dimensions les plus pertinentes plutĂŽt que d’administrer systĂ©matiquement des mesures complĂštes de chaque grand trait. Pour les organisations, cela remet aussi en question l’habitude d’acheter un test complet auprĂšs d’un Ă©diteur et de l’administrer en bloc. La bonne question n’est peut-ĂȘtre plus « quel test de personnalitĂ© utiliser? », mais « quelles facettes valent rĂ©ellement le temps qu’on demande au candidat de consacrer au test? »